Pour les équipes informatiques des entreprises, faire face aux premières mesures de confinement liées à la COVID-19 a souvent nécessité une approche « à la va-vite » afin de fournir aux employés ce dont ils avaient besoin alors qu’ils quittaient les locaux de l’entreprise pour s’installer chez eux.
Pour certains, cela signifiait emporter chez eux tout ce dont ils avaient besoin au bureau pour se lancer dans le télétravail. Beaucoup d'autres avaient besoin de nouveaux ordinateurs portables et d'autres équipements.
« Du jour au lendemain, nous avons dû mettre en place de toute urgence le télétravail pour nos clients », se souvient Katherine Garratt, responsable de contenu chez SuperFast IT, une société de support technique basée à Birmingham, en Angleterre. « Nous commandions d'énormes quantités d'ordinateurs portables au début du confinement, mais les fournisseurs ont très vite été en rupture de stock. » Résultat : une course effrénée pour remettre les employés à niveau, mais souvent sans que les protocoles de sécurité habituels ne soient en place.
Il n’est donc pas surprenant que 85 % des DSI admettent avoir transigé sur les normes de sécurité au début de la pandémie, selon une enquête « septembre 2020 » menée par la société de sécurité des données Netwrix auprès de plus de 900 professionnels de l’informatique.
Aucun retour massif au bureau n’étant prévu dans l’immédiat — et près des deux tiers des employés contraints au télétravail déclarant vouloir continuer à travailler à distance, selon Gallup —, les entreprises ont besoin de meilleures stratégies pour distribuer, sécuriser et entretenir les appareils et les logiciels de leurs collaborateurs. Cela vaut tout particulièrement pour les petites et moyennes entreprises (PME), qui manquent souvent de ressources pour relever à grande échelle les défis liés au télétravail.
Et il est particulièrement crucial aujourd’hui d’empêcher les cybercriminels d’utiliser les techniques de déplacement latéral, qui leur permettent de passer d’un appareil ou d’un terminal à l’autre, en obtenant souvent des droits d’accès de plus en plus étendus d’un utilisateur à l’autre, et de s’enfoncer ainsi plus profondément dans le réseau d’une organisation.
Voici cinq stratégies visant à améliorer et à sécuriser la chaîne d'approvisionnement du télétravail.
1. Centraliser et sécuriser la distribution du matériel
La gestion d'un système d'inventaire centralisé permettant aux équipes informatiques de distribuer et de gérer les ordinateurs portables, les PC et d'autres équipements est devenue un véritable défi logistique pendant la pandémie, en particulier pour les PME, qui ne disposent souvent pas d'outils de gestion des appareils évolutifs. Comment faire pour fournir efficacement des ordinateurs portables et d'autres appareils aux télétravailleurs ?
Selon les experts, la méthode la plus efficace consiste à adopter une approche en chaîne : les fabricants expédient les ordinateurs portables et autres appareils à l'employeur, où les membres de l'équipe informatique les configurent, les enregistrent dans l'inventaire et installent des logiciels de sécurité avant de les expédier aux salariés ou d'organiser leur retrait.
Cette approche nécessite davantage d'étapes (ainsi qu'un peu plus de temps et de frais) que la configuration à distance, mais elle en vaut largement la peine, affirme M. Garratt, car elle évite de devoir compter sur les employés pour installer ou utiliser correctement les fonctionnalités de sécurité.
2. Lancez une boutique d'applications privée pour diffuser et sécuriser de nouvelles applications
Les équipes informatiques peuvent restreindre l'accès aux applications sur les appareils des utilisateurs de la même manière qu'elles gèrent les autres fonctionnalités de sécurité. Mais comment peuvent-ils installer de nouvelles applications en toute sécurité pour leurs collaborateurs à distance ?
Selon les experts, la méthode la plus efficace et la plus sûre consiste à mettre en place une boutique d'applications d'entreprise — une version privée d'une boutique d'applications commerciale — grâce à laquelle les collaborateurs peuvent télécharger et installer de nouvelles applications de productivité et professionnelles. Une boutique d'applications permet également aux entreprises de contrôler les licences et la configuration. Les services informatiques n'ont pas non plus besoin de budgets colossaux pour les mettre en place : il existe un large éventail de plateformes d'App Store privés, telles que (Appaloosa), et (Digital.ai), qui sont disponibles et relativement faciles à configurer et à lancer.
3. Misez davantage sur les outils d'assistance à distance
Les services d'assistance informatique fournissent des services essentiels aux salariés de toutes les entreprises. Beaucoup ont déjà recours à des outils logiciels à distance pour gérer et résoudre les problèmes rencontrés par les utilisateurs. Mais d'autres proposaient encore des services de type « Genius Bar » dans leurs locaux pour les problèmes urgents ou complexes. Tout cela a disparu avec la pandémie, laissant de nombreuses équipes informatiques débordées face à une charge de travail accrue qu'elles devaient gérer à l'aide d'outils numériques.
Une gamme d'outils de dépannage à distance basés sur le cloud — qui permettent aux collaborateurs du service d'assistance informatique de visualiser en toute sécurité les écrans des télétravailleurs et d'interagir pleinement avec leurs postes de travail — aide les techniciens à effectuer des diagnostics et à procéder à des réparations, souvent en quelques minutes.
4. Gérer la sécurité du BYOD grâce à des outils de bureau virtuel
La plupart des entreprises se sont depuis longtemps adaptées au BYOD, c'est-à-dire au fait que les salariés utilisent leur propre matériel pour effectuer leur travail. Mais les défis liés à l'informatique et à la sécurité se sont accrus parallèlement à l'augmentation du nombre d'utilisateurs pratiquant le BYOD au sein du personnel.
Les salariés qui n'avaient pas l'habitude de travailler à domicile avant la pandémie sont souvent ceux qui connaissent le moins bien les exigences de sécurité nécessaires. « Nous avons constaté une augmentation marquée des fuites de données, car les utilisateurs peuvent accéder à des fichiers stockés dans le cloud, mais ils utilisent pour cela des ordinateurs personnels moins sécurisés », explique Ed Hardie, directeur technique du cabinet de conseil en technologies britannique Impelling Solutions.
Il est toujours important de sensibiliser les utilisateurs aux exigences en matière de sécurité, mais pour les collaborateurs qui se connectent à distance à des applications professionnelles via des outils de bureau virtuel, les équipes informatiques ont besoin d'un niveau de sécurité supplémentaire. Les outils de sécurité pour postes de travail virtuels assurent cette sécurité à tout terminal pendant les heures de travail, puis passent en mode « usage personnel » lorsque cela est nécessaire. Ces outils permettent également d'éviter que les données de l'entreprise ne se retrouvent sur les ordinateurs personnels.
5. Garantir le bon déroulement du processus de départ à la retraite
Tous les appareils d'entreprise ont une durée de vie limitée. Pour les ordinateurs portables, la durée de vie est généralement de trois ou quatre ans. Lorsqu'il est temps de mettre un appareil hors service, les entreprises doivent suivre le processus inverse de celui qu'elles ont suivi lors de sa mise en service initiale : renvoyer l'appareil à un membre du service informatique pour qu'il procède à sa mise hors service officielle, puis le faire recycler ou éliminer.
Bien sûr, vous ne pouvez pas envoyer par la poste un ordinateur portable contenant des données confidentielles. Les équipes informatiques doivent utiliser un logiciel d'effacement à distance sur tout appareil avant que celui-ci ne quitte le domicile de l'employé. Les appareils recyclés peuvent contenir d'anciennes autorisations d'utilisateur, dont certaines donnent un accès administratif à des données sensibles et aux commandes du réseau. Si les cybercriminels parviennent à accéder à un ordinateur disposant de ces droits d'accès de niveau supérieur, ils peuvent s'en servir pour se déplacer latéralement et causer davantage de dégâts.
Les PME qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour prendre en charge la dernière étape du processus peuvent confier le recyclage à des spécialistes. « Avant, nous nous occupions nous-mêmes de ces questions », explique Dave Koopmans, responsable de l’ingénierie des solutions chez Scantron Technology Solutions, une entreprise basée dans le Minnesota. « Mais aujourd’hui, la sécurité devant être assurée jusqu’à la fin de vie d’un appareil, nous faisons appel à des centres de recyclage sécurisés pour assurer une élimination et un recyclage dans les règles de l’art. »

